Pêcheur du Nord

Pecheur

 

Le pêcheur du Nord
Admire le temps des poissons
Les nuages qui frayent en forêt
Les gouttes de pluie comme des appâts
Il aime s’abreuver du silence
Tout-puissant qui règne sur les eaux
Il espère attraper du brochet
Saisir l’ombre de l’onde
Mais le pêcheur du Nord sait bien
Que le plus important
C’est de flotter jusqu’au firmament
Jusque dans une anse où le doré abonde
C’est une affaire de mangeaille
De survie pour le corps
D’exaltation pour l’esprit

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Nécessité

Absolue nécessité pour les humains, au moins une fois dans leur vie, d’embarquer dans un canot afin de prendre contact avec un lac ou une rivière de ce pays. Pas dans un bateau-moteur ou un traversier. Non. Dans un simple canot, conçu sur le modèle des canots d’écorce inventés par les Indiens. Légère embarcation aux deux bouts effilés, sans quille.

Absolue nécessité de pagayer, c’est-à-dire d’utiliser un morceau de bois sculpté, de manière à prolonger les bras, pour que l’humain et l’eau ne fassent plus qu’un, tout en sentant la caresse du canot à la surface de l’eau, tout cela pour devenir eau et ciel à la fois, même si l’entreprise ne dure que quelques instants.

Absolue nécessité de retrouver l’humain à sa plus simple expression, c’est-à-dire animale et heureuse. Pensons aux loutres, aux rats musqués, aux castors. Sans l’utilisation d’un moteur, dans le frôlement des eaux glissant le long des flancs d’un canot, dans le froissement doux de la pagaie plongée dans l’onde, la tête relevée pour bien voir, mais surtout, pour goûter, sentir, toucher et entendre la Nature, omniprésente.

Notre siècle de robots est lancé à toute allure dans une cacophonie horrible. D’où l’absolue nécessité de reprendre contact avec les cours d’eau, grâce aux embarcations les plus maniables, les plus légères et les plus simples, tout à fait comme le vécut le père Laure, au début du XVIIIe siècle, lorsqu’il partit de Tadoussac pour se rendre jusqu’à la Colline blanche de la Témiscamie.